L’EPD CONTRAINT DE FERMER DES UNITES !

Confronté à d’importantes difficultés en matière de pénurie de personnels, phénomène qui touche tous les secteurs et les métiers de la Santé, l’établissement, en lien avec les autorités, a été autorisé par son Conseil d’administration, à fermer des unités pour faire face.

Cette situation, que nous espérons temporaire, a des origines multiples : difficulté des métiers en lien avec une mission exigeante, des horaires décalés impactant les vies personnelles, faiblesse des revenus en regard de l’évolution des prix. Depuis 2010, la valeur du point d’indice qui sert de base de calcul des rémunérations, n’a été augmenté qu’une seule fois depuis 2010 !

Les métiers du sanitaire et du médico-social n’attirent donc plus ; à cela se sont rajoutés des décisions nationales qui ont abouti à ce que les agents d’un établissement comme Louis PHILIBERT soient exclus du bénéfice des mesures de revalorisation et de récompense pour leur implication lors de la crise sanitaire, mesures appelées « Ségur de la Santé ».     Ces mêmes agents se sont pourtant vus dans l’obligation de vaccination sous peine de suspension, à l’instar de leurs collègues des hôpitaux et des EHPAD de la même fonction publique hospitalière, mais qui eux ont été récompensés par la prime Ségur (183 € nets mensuels).

Métiers difficiles, horaires décalés et variables, pénibilité des métiers d’aide et de prise en charge des personnes en difficulté, salaires très faibles, non reconnaissance voire mépris ressenti des autorités, considération variable de leur rôle en fonction des intérêts, ont constitué le terreau fertile de nos difficultés. Nombre d’agents sont partis pour d’autres horizons plus rémunérateurs, ont démissionné, d’autres opposés au vaccin sont soit suspendus soit en arrêt maladie.

Le recours à des contractuels trouvent ses limites avec d’une part l’absence de candidats en nombre et qualité suffisant et se heurte à la perte totale d’attractivité de l’établissement pour attirer de nouveaux talents ; même les cabinets d’intérim n’arrivent plus à répondre à toutes les demandes des établissements.

Faute de pouvoir assurer la pérennité, la qualité et à présent la sécurité des accueils, la Direction n’a eu d’autre alternative.

Ainsi, une unité du FAM a-t-elle due être fermée du 23 octobre au 15 novembre afin de permettre aux agents de bénéficier de congés réparateurs de Toussaint, puis c’est aujourd’hui les ateliers du foyer de vie fermés jusqu’au 31 décembre.

Les résidents sont alors regroupés et les personnels dispatchés dans des organisations provisoires.

Cette situation ne satisfait personne, ni en premier lieu les résidents, les familles, les externes, ni les professionnels ni la Direction, tant ces mesures sont en mode dégradé du fonctionnement normal de notre institution.

Mais nous n’avions plus le choix. Quelques chiffres à l’appui :

  • Sur le FAM, 7 postes non couverts, 4 sur le FDV
  • Concernant les personnels de santé, l’EPD n’a plus que 53 % de ses effectifs habituels de médecins (dont la moitié par un médecin qui part à la retraite en fin d’année), 68 % de ses effectifs infirmiers, 50 % de ses effectifs psychologues.

Dans le même temps, le pôle de gestion voit également ses effectifs diminuer, sans parvenir à recruter au moins de suite : 1 directrice adjointe, 1 Cadre sup éducatif, 1 responsable des achats, et d’autres départs sont annoncés.

Rien n’est moins sûr en matière de réouverture pour l’année prochaine.

Les autorités politiques, administratives, sont parfaitement tenues informées de la situation. Le Conseil de la Vie Sociale par une lettres aux élus, le Conseil d‘administration par une motion adressée au Premier Ministre, soutiennent l’établissement et ses agents dans ces moments de difficulté extrême jamais rencontrée.

La Direction